lundi 9 février 2009

J'ai lu pour vous...

Les mystères de Bruxelles… une fois

Daniel-Charles Luytens nous embarque à travers une série d’histoires mystérieuses sur la capitale européenne...
Compilant des faits réels mais méconnus, c’est une Bruxelles parallèle qui nous est conté. Dans un style simple voire simpliste, nous partons à la découverte d’une secte luciférienne, on se prend dans la toile d’araignée du Roi de Jérusalem, nous faisons la rencontre d’un diable en soutane et nous sommes surpris d’apprendre que l’affaire Dreyfus prend ces racines à Bruxelles…
Hésitant entre un ton narratif et un ton didactico-fantastique, les histoires s’enchainent plus ou moins facilement. Sans véritable lien entre elles, hormis un pseudo ordre chronologique, on tente de se divertir à voir comment les mêmes légendes urbaines françaises d’antan ont fait ricochet dans le "plat pays". Une bonne connaissance de l’Histoire belge est dès lors indispensable pour saisir toute la saveur de ces récits emprunts de faits historiques.

Si Bruxelles possède de nombreux secrets, le curieux insatiable restera sur sa fin avec cet ouvrage qui vaut le mérite d’exister. Pour la bonne bouche voici l’un des mystères de Bruxelles faisant la part belle à un certain Comte de Saint-Germain, toujours en quête d’immortalité…

Chapitre : Le Comte de Saint-Germain à Bruxelles

Charles de Lorraine fait appel à Monsieur de Surmont et l’invite dans son palais à Tervuren. Cobenzl l’apprend, puisqu’il surveille la correspondance. Le ministre est installé dans l’actuel Hôtel de Mérode à la rue aux Laines. La salle de réception est décorée de gobelins représentant des sujets ésotériques, dont la fable d’Eros et de Psyché, tirée de l’Ane d’or d’Apulée. Cobenzl s’arrangera pour détourner M. de Surmont et le recevoir le premier en son hôtel dès son arrivée à Bruxelles. Tous leurs entretiens furent retransmis à l’Impératrice Marie-Thérèse.

« J’ai trouvé en Surmont, l’homme le plus étrange que j’ai connu dans ma vie. Il possède de grandes richesses et vit très simplement ; il est d’une probité étonnante et possède une bonté digne d’admiration. Il a une connaissance approfondie de tous les arts. Il est poète, musicien, écrivain, médecin, physicien, chimiste, mécanicien, peintre, bref, il a une culture générale, comme je n’en ai pas trouvé chez aucun homme. Et comme il était intéressant avec toutes ses connaissances, j’ai passé des heures agréables avec lui… »

Le comte de Saint-Germain propose à Cobenzl une série d’expériences ? Tous deux conviendront avec Charles de Lorraine de procéder à une transmutation. La séance ne se tiendra pas à l’hôtel de la rue aux Laines mais à Tournai, chez une des membres du groupe des Supérieurs Inconnus, un nommé Rasse, homme d’affaires, expert dans la techniques des fours. Cobenzl assistera à la démonstration et ne pourra retenir ses applaudissements. Il envoie une lettre enthousiaste au prince de Kaunitz et il termine cette lettre en disant :
« Il ne dépend que de nous de nous approprier ses procédés secrets. Il n’y a pas d’autres moyens de la faire que de consentir l’installation d’une usine. »

Avec l’aide d’une banquière dont l’hôtel se trouvait à la rue des Eperonniers, la vicomtesse de Nettine, qui possédait la banque la plus puissante des Pays-Bas, une société verra le jour. L’acte sera rédigé au nom d’un groupe secret dont Saint6germain fait partie. La banque Nettine verse des arrhes à Saint-Germain tout en lui soumettant un projet de convention aux termes duquel, en contrepartie de ses secrets, il participera à vie aux bénéfices produits par l’usine à construire. Il eut à peine dévoilé ses formules qu’il se vit proprement piégé par un conseil d’administration composé exclusivement de parents et d’amis de la financière, dont le propre fils de celle-ci, âgé de quinze ans !

Entre aussi chez ces Supérieurs Inconnus quelqu’un qui ne vient de nulle part, dont on ne connaîtra jamais ni le nom, ni les origines, ni la date de naissance, ni celle de son décès. Il a pourtant sa rue à Bruxelles. N’ayant jamais voulu donner son nom, il prendra celui d’une danseuse d’opéra à la mode : la Guimard.
S’agissait-t-il de M. de Surmont, alias comte de Saint-Germain, alias Barnabé Guimard, et bien d’autres ? … Tout porte à le croire. Il commencera par dessiner le plan d’un obélisque aux proportions parfaites qu’on a pu voir servir de fontaine, jusqu’en 1824, devant l’église de la Chapelle. En quelques années, il va d’autorité bouleverser complètement le visage de Bruxelles. Puis, il quittera la ville, aussi mystérieusement qu’il y était arrivé, cette même année 1783, où l’on annonçait la mort du comte de Saint-Germain.

« Les Roses-Croix, s’ils meurent, s’écartent à la manière des éléphants et quittent cette vie sans qu’on sache où, ni quand, ni comment, ni où reposent leurs os… »


Vous avez dit bizarre ?



Lien : Les Mystères de Bruxelles. Daniel-Charles Luytens. 2005. Edition Noir Désir Production. Website : www.noirdessin.be

dimanche 8 février 2009

J'ai chiné pour vous...


DANS MON CABINET DE CURIOSITE

Dans la série, mon scarabée à moi est un géant, voici un exemplaire tout à fait unique de Goliathus meleagris. Représentant de la famille des plus gros scarabées du monde, les scarabaeidae. Tout à fait inoffensif, l’aire de répartition de cette espèce s’étend dans les forêts tropicales d’Afrique centrale.

Il a plutôt ses habitudes dans les canopées où il se délecte de pollen, nectar et autres fruits mûrs. Pouvant mesurer près de 10 cm et atteindre 100 g, les élytres très design sont assez impressionnantes chez cette espèce.
Il en va de soi que c’est Bonne-Espérance, mon homard de compagnie, qui est rouge de jalousie… A moins que ce soit son bain qui était trop chaud !

Chiner dans mon cabinet de curiosité préféré, chez Deyrolle, ce spécimen provient d’une filière officielle et n’a pas été prélevé dans la nature. Il provient d’un élevage. Certificat à l’appui. Je vous rassure, loin de moi l'idée (ou l'envie) de débuter une carrière de pilleur d'espèces sauvages.

Une chose en amenant une autre, voici un objet trouvé sur le plus grand marché du monde, à savoir le site Ebay…

Pour les nostalgiques de la chasse aux « crystal balls », ce radar MP3 allie la classe et le grotesque… Mais c’est indéniable, ça a de la gueule dans un cabinet ou dans les oreilles…

Kamehaméha !

J'ai découvert pour vous...

LE CABINET DE CURIOSITE DE SARINA BREWER

Petite pépite webesque trouvée au fil de mon surf dominical !


Installée dans son Minnesota natal, Sarina Brewer a un cabinet bien curieux. Artiste designer naturaliste non conventionnelle, elle vous confectionne des objets rares et singuliers. Quoi de mieux que d’apporter une touche d’exotisme à son chez soi avec un squirrel à deux têtes ou encore avec une reconstitution d’un rock endiablé exécuté par deux rats…écorchés.

N’y voyez pas du mauvais goût mais une manière très US de sortir des sentiers battus de la consommation de masse conventionnelle.

Mention spéciale aux « pickled pets » ou l’art de conserver son animal préféré (ou des morceaux) dans un bocal bien proportionné et rempli d’un liquide mystérieux.



Comme elle aime à le dire, elle recycle le naturel en surnaturel tel une « nerd » de la science.

N’hésitez pas à passer commande, Sarina exporte ses œuvres all over the world !

"I call it art, you can call it whatever you want."

Ps : aucun animal vivant ou mort n’a été mal traité, (re)tué, dilapidé, éviscéré, trépané, dépoilé ou blessé au cours de la rédaction de ce post.

Pps : jetez un œil sur son myspace, ici.

J'ai découvert pour vous...


WARHOL et les POLAROIDS

La vie c’est simple comme un polaroid.

Vous n’êtes pas sans savoir que votre hôte est très client de l’appareil à émission photographique instanée. Selon moi, tous les bonheurs du monde sont au bout de ce bruit magique que fait la pellicule en sortant dans le rugissement de petit dérouleur mécanique.

Aujourd'hui, je veux parler d’un évènement majeur de la scène artistico-mégalo new-yorkaise de l'année 2008.

Il s'agit d'une exposition qui s’est tenue du 29 octobre 2008 au 20 janvier 2009 à la galerie Paul Kasmin de NYC.

Cette dernière retrace les moments de détente créatrice d'Andy avec... son polaroid. Si 2009 devrait être l’année de l’homme à la chevelure grisonnante, avec une expo au Grand Palais à partir du 18 mars, je ne résiste pas au divin plasir de vous faire découvrir dans le diaporama ci-dessous quelques clichés bien sentis.

Attention, parmi eux se cachent des polaroids d’un « ami » pris durant des vacances à Saint-Chomez...






Warhol c’est comme une boîte de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber !

J'ai découvert pour vous...


Le cabinet de curiosité des objets introuvables de Jacques Carelman

Dans la famille des inventeurs fous, j’aimerai saluer ici la mémoire d’un des plus grands génies ignorés du grand public, MONSIEUR Jacques CARELMAN. Je dois lui rendre un vibrant hommage car c’est en retrouvant son livre (qui jadis a appartenu à mon grand-père) que j’eu la soudaine envie de m’intéresser aux curiosités et par la suite aux fameux cabinets.

Jacques sévit dans les années 60-70 et publia un ouvrage non moins célèbre le catalogue des objets introuvables… Que l’on définira comme infaisable, in-manufacturable et surtout inutilisable. Ce besoin d’inutilité est pourtant indispensable pour une série de corps de métiers dont les maçons, les chapeliers, les électriciens, les réparateurs du dimanche, les cuisinières, les boulangères, les serruriers, les hameçonniers, les gromanches, les palfreniers ou encore les poils-dans-main-tiers.

Euphorie des formes, joie de la finition, ces objets sont une jouissance pour tous consommateurs qui sommeillent en vous.

Pas pingre en bon mots, il affubla ces objets de dénomination évocatrice. Pour l’exemple, je citerais la cravate slip, la cafetière pour masochiste ou encore le parasol transparent...


De nos jours, trouver des éditions d’origine de ce catalogue nécessite de savoir « chiner » sur le Web (que l’on pourrait appeler « Winer »???).

Visionnaire ou fou, Carelman s’inscrit dans la lignée des grands hommes qui contribua à vous rendre le quotidien tellement moins chiant…



Régalez-vous en visionnant et re-visionnant le diaporama ci-joint et jetez-vous sur cet ouvrage qui a bénéficié de plusieurs rééditions.

« A la tienne mon Jacquot »

J'ai lu pour vous...


PORTRAIT DE MOUCHES ou LES SONGES DROLATIQUES DE PANTAGRUEL

A une époque où triomphent le politiquement correct ainsi que l’imagerie médiatique et informatique, Pierre Jourde a raison de souligner à quel point peut paraître exotique et fascinante l’”époque-monstre” que constituent la Renaissance et le Baroque, où, comme “il existait encore ce que l’on appelle corps et ce que l’on appelle peuple”, on se repaissait autant de crotesques et de drolleries que “d’une érudition brute, énorme, indigeste”, on “ne craignait pas d’être de mauvais goût”, “la langue conservait ses bigarrures et ses aberrations”, “le peuple et le corps n’étaient pas exclus du texte” (à retrouver dans le texte).

Ce livre a un dessein bien précis : donner à voir Les Songes drolatiques de Pantagruel. Dans la première édition, établie en 1565 par Richard Breton, et donner à lire en même temps les subtils commentaires de Pierre Jourde. Lequel refuse de réduire ces “120 gravures étranges et monstrueuses” faussement attribuées à Rabelais, et dont l’auteur reste donc anonyme. Leur présence tient plutôt de l’allusion, du jeu, de l’accessoire. La fantaisie, ici, excède de très loin les besoins d’une éventuelle satire, et c’est elle qui frappe et réjouit d’abord. Le plaisir vient de cette gratuité. Ces créatures ne paraissent pas obéir à un sens contraint. Elles sont issues d’un inépuisable réservoir des formes.

Mais de quoi est-il question exactement dans ce Portrait des mouches ? De ces “bêtes microscopiques” associées à la pourriture dont la généalogie remonte à Pantagruel. Dans ces mouches qui, issues d’une double tradition, à la fois savante et populaire, font songer à Bosch et Breughel, Pierre Jourde voit une représentation symbolique de la parole originelle et parodique de la mélancolie. En fait, les Songes nous plongent dans un enfer où “le bien est l’autre face du mal, le vide de la plénitude, la truculence de l’angoisse” (64). Ce lieu où s’opère la réversibilité des contraires est précisément celui de la monstruosité : lieu de tensions entre dedans et dehors, surface et profondeur, décoratif et représentatif, sens et non-sens, forme et informe, humanité et animalité, charnel et spirituel, matière indifférenciée et singularité ontologique.

Et si à la fin de la lecture de ce merveilleux ouvrage, vous commencez à trouver des ressemblances entre votre belle-mère et l'homme-marmite, c'est pas forcément une coincidence...

"Il est où le petit monstre ? "

ps : Retrouver la critique de Fabrice Thumerel. Website : http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=662
Parce que votre hôte a été très feignant sur ce coup là !!!!

J'ai testé pour vous...

KOPERWELTEN 4
Attention âmes sensibles s'abstenir. Voici probablement l'une des expositions la plus singulière et incroyable de l'année.

Rendez-vous donc aux Caves de Cureghem à Bruxelles pour une expérience inédite...

Lucide et non moins complaisant avec le monde de la taxidermie, la technique utilisée dans cette exposition de corps humains reste encore méconnue, la plastination.

Pour plus de détails, cliquer ici.

Sa particularité ? Montrer des corps humains (des vrais), entiers, découpés ou séparés par organes.

L'exposition, comme son nom l'indique, est la quatrième du genre. Elle présente 200 nouveaux corps et met l'accent sur une bonne hygiène de vie. Ainsi, les différentes "sculptures" incitent par leur position à faire du sport. Nous pouvons ainsi comparer un poumon de fumeur avec celui d'un non-fumeur. Ou un foie normal à un foie touché par une cirrhose. Si vous hésitez à arrêter de fumer ou de boire, ca devrait vous aider... à faire ce que vous voulez !


La découverte des différentes parties du corps humain ne se fait cependant pas d'un seul coup. Au contraire, plus la visite avance, plus notre anatomie se dévoile. Les os sont par exemple les premières choses que l'on peut observer. Pas de simples os : ils sont accompagnés de leurs ligaments, permettant de comprendre comment nos doigts tiennent ensemble. Ou nos genoux.

Après les os viennent les squelettes. Le premier d'entre eux n'est qu'une simple carcasse, comme on peut en trouver dans les écoles. Mais elle est rapidement suivie par un autre squelette, sur lequel il ne reste que quelques muscles, dont le préféré des culturistes : le biceps. Il suffit alors d'aller un peu plus loin pour regarder l'oeuvre "les coureurs de relais". Celle-ci montre un passage de témoin entre un squelette nu, et un squelette portant encore tous ses muscles. Saisissant.
Que dire du couloir qui permet d'observer le développement du futur bébé. Différents embryons (de la 5e à la 9e semaine) et différents foetus (de la 14e semaine à la naissance) sont en effet préservés et montrés dans des bocaux de verres. Intéressant à voir, mais personne ne peut s'empêcher de se poser des questions éthiques.

Gunther von Hagens, le créateur des expositions, ne voit lui aucune matière à controverse. "Le but, c'est la démocratisation. La découverte de l'anatomie ne doit pas être réservée à l'élite des gens en cravates".

Donc, si vous hésitez encore à léguer votre corps à la science, voilà une façon assez originale de passer à la postérité...

ça touche ça touche pas mais ça touche pas ça touche