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UN NOUVEL AN A (MILLE) BÂLEEn premier lieu, ma visite au muséum d’histoire naturelle de la ville fut une réelle surprise devant tant de candeur et de beauté. A l’image de cette Europe germanique, le muséum est savamment rangé et ordonné. La reproduction d’une vraie fourmilière avec de grands tubes en plexiglass et la salle-coffre fort des espèces menacées et disparues en sont les plus beaux joyaux. Coup de cœur, coup de tête à la salle des sciences de la terre ainsi qu’à la splendide montée d’escalier où l’on distingue en vitrine coraux et autres merveilles de la mer.

Le musée historique de la ville appelé par les locaux Historisches museum (ancienne église ou Barfüsserkirche) abrite quant à lui les pièces de choix de l’ancien cabinet de curiosité de Remigus Fesch légué à la ville au 19ème siècle. La mise en scène intimiste est un régal (voir dans le diaporama ci-après) et l’atmosphère de cette pièce à part entière dans les sous-sols de la bâtisse appelle à la méditation philosophique. Une vraie réussite.


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ALOYS ZÖTL
André BRETON disait de lui : « Faute de tout autre détail biographique en ce qui le concerne, on ne peut que rêver très librement à ce qui put conditionner l’entreprise de cet ouvrier teinturier de Haute-Autriche qui, de 1832 à 1887, mit un tel zèle à dresser le plus somptueux bestiaire qu’on eut jamais vu. »
Restées inconnues pendant de longues décennies, les très étonnantes aquarelles d’Aloys Zötl ont séduit nombre de collectionneurs, de personnalités et de marchands depuis leur dispersion à l’Hôtel Drouot en 1955 et 1956 sous le marteau de Maurice Rheims.
Né à Freistadt -un bourg des contreforts des monts de Bohème- le 13 avril 1803, teinturier comme son père, il s’installe à Eferding, dans la vallée du Danube, à une quarantaine de kilomètres de son bourg natal. Mais un beau jour d'octobre 1831, cet homme du commun reproduit une hyène d’après un des livres d’histoire naturelle, d’ethnographie ou de voyage, qui composent sa bibliothèque. Depuis ce jour il ne se lasse pas d'admirer et de peindre les animaux et leurs plumes, leurs fourrures, leurs livrées bigarrées. Son oeuvre ne connaîtra alors plus aucun changement, on peut permuter librement les dates sans jamais altérer son œuvre. Les dates notées dans les marges étant moins les éléments d'une chronologie que des prélèvements faits sur le calendrier, qu'il exécute avec le même scrupule qu'il a à porter ses dépenses et recettes sur les livres.
Zötl semble ne suivre aucune logique et alterne les différents genres du règne animal, et ce jusqu’au 3 octobre 1887, soit dix-huit jours avant son décès. S’inspirant de planches naturalistes, le peintre dédie à des animaux, mais aussi à des types ethnologiques, des représentations à la fois précises, presque documentaires, et en même temps complètement imaginaires. Non seulement les animaux et les plantes sont traités avec un mélange de science et de fantaisie, dans un style qu’on a rapproché parfois du douanier Rousseau ou de Redouté, mais il y associe des paysages imaginaires et des éléments symboliques au gré de ses rêveries, voire de significations plus mystérieuses encore.
Les ambiances sont aussi soignées et minutieusement dessinées et colorées, révélant une sorte de névrose du détail et de l’application. Mais ces qualités obsédantes atteignent à une déréalisation des motifs par leur excès même et, surtout, l’artiste, consciemment ou non, y ajoute une vie, à la fois décorative et symbolique, troublante. L’imagination débridée de Zötl utilise les motifs décoratifs et végétaux, le milieu naturel et la couleur avec une luxuriance débridée, mais il ne s’interdit pas non plus le sens de la synthèse ou de la poésie. Dans toutes ces images, l’artiste utilise une technique éblouissante pour interroger une certaine vision du monde animal, ou du monde tout court, à travers une poésie souvent onirique.
Le diaporama vous donnera un aperçu de la qualité remarquable de l'oeuvre de Zötl. Et en cette période de Noel, je vous invite à offrir (aux petits comme aux grands) quelque chose de rare et de beau. Deux ouvrages pour mieux comprendre les inspirations du Maître et afin de décortiquer les détails des planches. "Contrées d'Aloys Zötl" de Victor Francès aux Editions Langlaude. Et pour les puristes et les plus passionnés, je vous recommande le magnifique "Bestiaire d'Aloys Zötl" de Julio Cortazar aux Editions Franco Maria Ricci (publié en 1976). Votre hôte vous met toutefois en garde ! Le trouver n'est pas chose aisée et un budget important avoir vous devez !
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Syracuse, et de la meilleure époque ! Nous expliqua t-il en la levant à la lumière. Elles ont perdu beaucoup de leur valeur vers la fin. Celles de la meilleure époque dépassent tout, à mon avis ; certains préfèrent les monnaies d'Alexandrie, mais... Vous trouverez un siège ici, monsieur Holmes. Permettez-moi de vous débarrasser de ces os... Et vous, monsieur... Ah ! Oui, docteur Watson !... si vous vouliez avoir l'obligeance de pousser légèrement ce vase japonais... Vous voyez réunis les petits sujets qui m'intéressent. Mon médecin me gronde parce que je ne sors jamais, mais pourquoi sortirais-je quand tant de choses me retiennent ici ? Je puis vous affirmer que s'il me fallait inventorier l'un de ces meubles, j'en aurais largement pour trois mois.
Holmes inspecta les lieux d'un regard amusé. "
* Les Trois Garrideb par Sir Arthur Conan DOYLE - Les Archives de Sherlock Holmes 1924. Disponible sur www.ebooksgratuits.com. Mais il est TOUJOURS préférable d'acquérir une édition papier et la plus ancienne possible !!
crédit photo : http://www.sherlock-holmes.info/spip.php?article27 - représentation miniature du musée de Nathan Garrideb.
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De l’égarement à travers les livres (Editions Le Castor Astral) de mon cher ami Eric Poindron.
La confirmation du talent latent d’un éminent confrère (et néanmoins vieux frère d’arme) Aymeric Laloux avec son exubérant roman si bien nommé "le pire endroit du monde" (Editions EX AEQUO).
Et enfin le superbe livre sur Athanasius KIRCHER, le théâtre du monde de J. GODWIN (Editions Actes Sud)
Dans la catégorie lutins, je vous recommande deux ouvrages indispensables à toute veillée au coin du feu : les Monstres Marins de Camille RENVERSADE (Editions Plume de Carotte) ou l'un des plus palpitants récits de voyages par la ligue des chasseurs de l'étrange
et pour les explorateurs en herbe, l’Herbier des plantes sauvages des villes par l'auteur protéiforme Emilie Vast (Editions MeMo) afin de les faire patienter jusqu'au printemps.
Si avec ça vous n’arrivez pas à vous évader, à vous cultiver, à vous émerveiller, à vous surprendre et à vous étonner, c’est que vous ne croyez plus en la magie de Noel
Sur ce point, Pierre DORIS mettait en garde les enfants (de tous les âges) contre toute tentative de désenchantement : "On dit que la jeunesse ne croit plus en rien. Quelle tristesse... Et si un jour le Père Noël ne croyait plus aux enfants !"
PS : crédit photo : Pierre Dubois, Elficologue from peuple-feerique.com
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