Le cabinet de curiosités du Professeur Boilot

mardi 29 mai 2012

J'ai écouté pour vous...


SUR LES EPAULES DE DARWIN


"Sur les épaules de darwin, sur les épaules des géants.

Se tenir sur les épaules des géants et voir plus loin. Voir dans l’invisible à travers l’espace et à travers le temps.

Tenter de percevoir, de ressentir cette splendeur qui palpite au coeur du vivant, au plus près de l’émotion et de la perception, au plus près des battements du monde.

Une splendeur d’avant les mots dont le langage nous aurait éloigné et à laquelle nous ne cessons de tenter de revenir.

Un univers de formes, de mouvement, de lumière, de couleurs, de sons, de chants, de parfums, de sensations.

Un univers dans lequel nous découvrons des dialogues et des langages d’une autre nature que nos langages humains mais tout aussi merveilleux et tout aussi bouleversant..."

A vous de découvrir la poésie sans épaulettes de Jean-Claude Ameisen et ses récits sur la nature dans cette  singulière émission de France Inter. 

Un bijou, un enchantement à écouter au plus près des battements du monde qui nous entoure !

ps : podcast ICI

vendredi 23 mars 2012

J'ai découvert pour vous...

CURIOUSETA


Ne dit-on pas que c’est la jeunesse qui nous fera tous passer pour des vieillards ?

Je vous présente le projet original et fort à propos de jeunes vieillards de l’IUT de Provence d’Arles. Ces pimpants curieux ont la très bonne idée vouloir récréer un cabinet de curiosités interactif en s’inspirant du Cabinet of the Rhône, créé par l’artiste Mark Dion.

Bien installé sur les réseaux sociaux d’aujourd’hui, ils proposent que n’importe quelle personne puisse leur envoyer, dès le 24 mars, des photos d’objets rares, étranges, curieux, bizarres, banals, inédits, fétiches ou détestés pour créer ainsi une collection singulière.



Ils proposent 4 thèmes :

Dedans / Dehors
Ici / Là bas
Nature / Artificiel
Hier / Aujourd’hui


Pour plus d’information rendez-vous sur leur site ICI. Et pas pingre ces jeunes curieux, ils proposent un vernissage toujours le 24 avec tous les détails ICI.

Amis curieux du sud et d’ailleurs, jeunes ou vieillards, ne boudez pas votre plaisir et balancez vos clichés curieux pour ne pas dire vos curieux clichés.

Crédits photos : copyright Jean Luc Maby (http://www.arles-antique.cg13.fr/mdaa_cg13/cesar-rhone/MarkDion.htm)

mercredi 21 mars 2012

J'ai lu pour vous...













UN PANACHE DE CURIOSITE

Dans la continuité du salon du livre 2012, je vous propose un petit retour en arrière pour évoquer la frénésie de parution de livre sur le thème des cabinets de curiosités, qui a agité la fin d’année 2011, et une très courte sélection d’ouvrages vus au dit salon.

Fin 2011, la Martinière sortait Son livre sur les cabinets de curiosité intitulé « Cabinet de curiosité, la passion de la collection » (sic). En faisant appel à Christine Duvenne, la Martinière se paye le luxe d’une maître de conférence en arts plastiques qui n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’elle est l’auteur du plutôt bon « Modernité du cabinet de curiosités » paru en 2004 chez L'Harmattan. Dans ce nouvel ouvrage, hymne à la tendance plutôt déco-dégueu des cabinets, l’auteur apporte de belles anecdotes mais semble presque perdue dans la ligne éditoriale.


Ça a presque le goût d’un bon cru mais ça n’en a pas la saveur. Sa co-auteure pour les légendes Charlotte Blum, est un choix curieux pour le moins car on ne l’attendait pas sur ce sujet au vu de sa bibliographie, mais l’effort est louable. Quant au choix des illustrations et photographies des lieux visités, sous l'oeil de Christine Fleurent, l’ensemble est assez commun et on ne se laisse pas embarquer. Pour en citer quelques uns, Le château du Champ de Bataille du célèbre décorateur-architecte Jacques Garcia, des boutiques parisiennes et un "antiquaire" londonien. L'ensemble donne un côté « Intérieurs » à ce livre. S'il ravira les initiés et les fans de déco « waouh c’est beau cette tête de cerf customisée avec des plumes d’autruche », on attendait plus des Editions de la Martinière. Il se pose toutefois en concurrent direct du livre de Patrick Mauriès chez Gallimard.


Gallimard qui sentant le vent de l’hiver lui piqué le nez, en profite donc pour réédité la bible de Mauriès. Véritable référence, cette nouvelle édition est moins belle et moins soignée que son ainé (et beaucoup moins chère, histoire de se placer en concurrence de son nouveau rival) mais peu importe le flacon tant qu’on a l’ivresse. Donc pour ceux qui sont restés sur leur faim avec le livre de la Martinière, jetez-vous sur le livre de Mauriès. La qualité du choix des monographies et des photographies est tout simplement bluffante. Et à l’instar de votre hôte, ça donne envie d’aller voir en vrai les œuvres qui sont présentées.


La maison Taschen n’est pas en reste puisqu’elle a (re)réédité son bel ouvrage sur le cabinet de curiosités (ou plutôt cabinet d’histoire naturelle) d’Albertus Seba, ce pharmacien hollandais. Toujours de belles planches et un livre indispensable dans son cabinet et sa bibliothèque. A noter qu’il y a plusieurs versions de ce livre et c’est une curiosité en soi de réussir à toutes les dénicher entre les éditions américaines et les éditions européennes trilingues. Mais ici encore, ce livre grand public n’a pas attendu la mode récente des cabinets de curiosités pour s’imposer comme le plus bel ouvrage destiné à un seul et même cabinet. Et son prix, sans vouloir paraître mercantile, est sans équivalent et fidèle à l’esprit de Taschen.


Avant cette frénésie automnale et hivernale, c’est le printemps qui avait apporté sa contribution avec la parution aux Editions les Beaux jours des "nouveaux cabinets de curiosités" d’Emmanuel Pierrat, dont la réputation précède pour tous ceux que les droits d’auteur concernent et intéressent. Votre hôte a du mal à se faire un avis sur cet ouvrage car si ce livre a un format carré sympa, est en couleur et contient des textes, il manque quelque chose. On mâchouille et on n’arrive pas à savoir s'il a un goût de framboise ou de banane. Son intérêt réside uniquement dans le fait de découvrir les collections de passionnés dont on ignore les noms et l'adresse. Et uniquement pour cela, le livre de Pierrat se détache des autres car c’est au final une plongée plus intime, plus proche de l’esprit cabinet de curiosités de la grande époque, et qui ferait presque passé son côté « déco magazine » en second plan. D'ailleurs c’est peut-être là, la valeur du livre et de l’auteur, c’est qu’il a le mérite de son ambition et de ne pas trop (je dis bien pas trop) jouer la surenchère du côté déco. C’est donc avec la patine d’années (peut-être) bienveillantes que la portée de ce livre pourra se juger.


Côté salon du livre, en dehors du fait qu’il peut paraître surprenant de découvrir (lors de la soirée d’inauguration) qu’on vient y promouvoir des livres et non pas du champagne, la candeur de l’esprit bobo-Saint Germain et des petits fours de chez Fauchon, quel plaisir de fureter près des stands des maisons d’édition et plus particulièrement des Editions Plume de Carotte. Si le stand est assez minimaliste, les ouvrages sont bien là et c’est l’essentiel. Si le livre "Louper son jardin sans complexe" de Sergio Emilson attise forcément la curiosité et l’envie, on se laisse prendre plus volontiers par la beauté des livres de leur collection Petite Plume de Carotte avec les Carnets de Curiosités de Magnus Philodolphe Pépin (Comme un poisson dans l’eau et Comme une soudaine envie de voler). Ces pépites de Thierry Dedieu sont, tout simplement, splendides et constituent le cadeau idéal pour de jeunes curieux.


Pour le reste, mention plus que très bien pour l’Animhommerie de Monsieur Larsen d'Aitana Carrasco et Daniel Monedero. Ce livre est un hommage vibrant à l’œuvre de Monsieur Jacques Carelman dans son catalogue des objets introuvables dont j’avais déjà évoqué le merveilleux travail ICI. Le parfait ouvrage pour initier la curiosité et pour faire aimer la différence et le côté freaks qui sommeillent en nous, petits ou grands.

Enfin coup de cœur spécial pour cet étrange Monsieur Strip dont les auteurs s’enorgueillissent d’être ni plus ni moins les nouveaux Uderzo et Goscinny ou l’inverse, mais en mieux. Fruit d’un dur et long labeur, on prend plaisir à découvrir ces strips sur plus de 288 pages dont un glossaire très didactique. Presque 1 strip par jour comme le crédo que les auteurs avaient initié sur leur site web. Site qui a d’ailleurs été relooké et qui mérite plus qu’un détour. Côté galerie de personnages curieux, Monsieur Strip remporte la palme. C’est bien écrit et bien illustré et cerise sur le couvre chef, votre hôte malgré son vieil âge s’est drôlement bien marré ! A offrir et à distiller comme le pollen d’une belle pâquerette.


Fù$* the KINDLE !


dimanche 11 mars 2012

Montre moi ton cabinet, je te dirai qui tu es...















The Tradescants and Elias Ashmole

Dans l’Angleterre du 17ème siècle, on pouvait dénombrer des curieux pas tentés digne de pouvoir rivaliser avec l’hégémonie curieuse de la France, de l’Italie ou de l’empire des Habsbourg. Ce riche passé en terme d’amasseurs de curiosités a été le creuset dans lequel a émergé, en prenant quelques raccourcis, le premier musée d’art au Monde ouvert au public à Oxford en 1683.

Aujourd’hui cet illustre ancêtre des musées s’appelle le Ashmolean museum du nom de l’un de ses plus anciens et célèbres donateurs, Elias Ashmole. Ce bien nommé fut célèbre dans sa vie par ses activités politiques et pour être l’une des figures franc-maçonnes emblématiques de l’époque. Très jeune, il fut attiré par les sciences et notamment l’astrologie. Mais ses intérêts se sont vite étendus à d’autres disciplines scientifiques comme la botanique, la médecine et la sténographie. Inévitablement, c’est une voie plus occulte, l'alchimie, qui allait le séduire.


Son projet a d’ailleurs connu un début prometteur avec la publication en 1653 de Brittanicum Theatrum Chemicum, une collection d'œuvres en vers alchimiques. Ashmole ne voyait en son temps aucune incompatibilité entre les sciences occultes et les sciences dogmatiques. Il était favorable à la philosophie expérimentale naturelle. Il les considérait comme des moyens complémentaires de découvrir les principes fondamentaux de la philosophie naturelle. Au cours des années, il amasse de nombreuses curiosités telles que des peintures dans des cadres triples et une quantité d’objets d’art tout aussi curieux que rares pour l’époque dont de nombreux fragments géologiques. Et c'est son intérêt pour la science qui le conduit à devenir un membre fondateur de la Royal Society en 1660.


Mais Ashmole n’est pas le seul à faire figure de grands collectionneurs dans cette Angleterre de Charles Ier. Dès le début du 17ème siècle, tout ce que comptait l’Europe comme têtes couronnées et autre noblesse en quête de curiosité, rendait visite à la remarquable collection rassemblée par John Tradescant l'ancien. Même s'il était un roturier, son cabinet de curiosités était un must pour les riches et puissants d’Europe. Toutefois, Tradescant l’ancien n’avait pas limité ses collections à la seule jouissance visuelle de l'élite couronnée. Pour une modique somme, il accueillait le public pour visiter sa wunderkammer qu'on baptisa par la suite en Musaeum Tradescantianum.



En tant que jardiner qualifié, John Tradescant l'ancien travaillait pour certaines des personnes les plus puissantes de l'Angleterre. Il était également réputé pour avoir rapporter de ses longs voyages des curiosités naturelles exotiques et géologiques. En 1638, l’année de la mort de John Tradescant l’ancien, une description de son cabinet a été enregistrée par un voyageur allemand du nom de Georg Christoph Stirn. Son récit est éloquent :

«Dans le musée de M. John Tradescant se trouvent les choses suivantes: d'abord dans la cour, il y a deux côtes d'une baleine, puis dans le jardin toutes sortes de plantes étrangères. Dans le musée, nous avons dénombré une salamandre, un caméléon, un pélican, un rémora, une perdrix blanche, un écureuil volant, un autre écureuil qui a une forme de poisson, toutes sortes d’oiseaux brillants et colorés provenant d'Inde, un certain nombre de choses qui semblent avoir été pétrifiées, un morceau de chair humaine sur un os, des gourdes, des olives, un morceau de bois, la tête d'un singe, un fromage, etc ; toutes sortes de coquillages, la main d'une sirène, la main d'une momie, une main de cire très naturelle sous verre, toutes sortes de pierres précieuses, des pièces de monnaie, une image forgée dans une plume, un petit morceau de bois de la croix du Christ, des photos en perspective d'Henri IV et Louis XIII de France, un perroquet de mer, un crapaud-poisson, un wapiti sabot avec trois griffes, une chauve-souris grande comme un pigeon…».



Fruit du hasard ou du grand oeuvre, une dizaine d'années après la mort de Tradescant l’ancien, en 1648, son fils, John Tradescant le jeune, va croiser le chemin de ce cher Elias Ashmole. Tradescant le jeune avait poursuivi depuis une décennie l’oeuvre de son défunt père en collectant à son tour des plantes du nouveau monde et tout autant de spécimens de minéraux et autres curiosités du monde entier. Ashmole, toujours avide de connaissance, va contribuer à l’élaboration du catalogue de cette collection et va financer en 1656 la publication de la Tradescantianum Musaeum. Dans ce catalogue, Tradescant le jeune emploie un principe d'organisation basé sur un système de classification qui distingue les merveilles de la nature, ou Naturalia, d'une part, et les œuvres de l'homme, ou Artificialia, de l'autre. Bien que cette dichotomie soit typique des cabinets du continent de l’époque, la nouvelle classification des objets est généralement dépendante de la volonté individuelle du propriétaire. Dans le cas de Tradescant le jeune, les objets placés dans la première catégorie, celle des Naturalia, ont ensuite été classés en sous-catégories constituées par les trois ordres principaux de la nature (animal, végétal et minéral). Quant aux objets placés dans la deuxième catégorie, celle des Artificialia, ils ont ensuite été classés par type, souvent mal définis.



Ce catalogue figure comme le premier catalogue recensant une collection à être publié en Angleterre. Au travers d’évènements un peu confus et probablement malhonnête, en 1659, Tradescant le jeune va céder légalement sa collection à Ashmole. Ce dernier en prendrait possession au moment du décès de Tradescant le jeune. Or sa mort survient peu de temps après, en 1662. Et la veuve de Tradescant le jeune contesta la volonté de son cher époux en affirmant que son mari avait signé un document sans en connaître le contenu. D’aucuns diront qu’il était en état d'ivresse lorsqu’il léga sa collection à Ashmole. La question fut finalement réglée par la chancellerie, non sans mal vu les relations et l’appartenance maçonnique d’Ashmole. Toutefois la veuve obtint la fiducie de la collection de son mari jusqu’à sa mort. Et attention c’est là que ça se corse. En Angleterre même derrière l’histoire apparemment banale des cabinets de curiosité peu se cacher une véritable tragédie shakespearienne car en dépit du verdict de la chancellerie, Ashmole était déterminé à obtenir la collection dont il avait financé à la faire découvrir au monde. L’histoire retiendra alors que peu de temps après ses faits, Mme Tradecant fut retrouvé noyée dans son bassin de jardin.


C’est alors cette collection diablement enrichie des passions d’une vie des Tradecants père et fils qu’Ashmole a cédé à Oxford en 1675.

En guise de conclusion, votre hôte ne cèdera pas ici à l’un de ses marronniers à savoir que peut être Ashmole, cet alchimiste franc maçon, a été le bras armé d’une puissante organisation pour récupérer un trésor rare à l’accomplissement du grand oeuvre et dissimulé dans la collection des Tradescants. Et non, je n’imagine pas une histoire parallèle à cette tragédie qui pourrait conduire à l’une des plus importantes révélation sur l’art hermétique de ces 300 dernières années Et je me contenterai de croire qu’Ashmole a cédé toute sa collection et qu’il ne demeure pas, cacher aux yeux du monde, dans une pièce secrète dans un sous sol secret de l’université d’Oxford, le trésor alchimique caché d’Elias Ashmole.

Sources : http://www.encyclopedia.com/topic/Elias_Ashmole.aspx /// http://www.allbestarticles.com/arts-and-entertainment/antiques/museums-and-cabinets-of-curiosities.html /// http://www.strangescience.net/tradash.htm

jeudi 8 mars 2012

J'ai découvert pour vous...


MIKE LIBBY


Il y a de ces personnes qui ont le génie, ou la folie, d’assembler et d’envisager deux ensembles différents - et biologiquement aux antipodes - pour en faire une unité indivise et entière !

Dans la mouvance Steampunk (littéralement punk à vapeur) aussi agaçante que les miaulements (voir rugissements) de deux chats rouquins en train de se battre les faveurs d’une belle angora, Mike Libby a été proclamé artiste phare de cette tendance.

Cet artiste sculpteur américain dans la trentaine a carrément introduit la sculpture cybernétique à travers son œuvre INSECT LAB. Mike personnalise ainsi de vrais insectes avec des pièces de montres anciennes et autres composants électroniques pour créer de nouvelles espèces hybrides.

Ainsi, sa gamme 2011 des bestioles comprend des coléoptères, des papillons, des libellules, des sauterelles et même un crabe cyborg !



L'inspiration de Mike pour l’ « Insect Lab » lui est venue quand il a trouvé un coléoptère (à savoir un scarabée ou un punaise) mort dans son jardin à Portland (Oregon). D’ici à trouver simultanément une ancienne montre bracelet, et hop vas-y que je te monte la mécanique entre les élytres de cette chère punaise.

Sentant qu’il tient un truc « arty » sympatoche, Mike va pousser plus en avant ses recherches et ses envies cybernétiques. Mais alors est-ce qu'il s'agit d'un vrai rétropédalage façon steampunk ou alors c'est annonciateur d’une nouvelle mode de NAC ou nouveaux animaux de compagnies cybernétiques ?



Précision importante de l’artiste, il n’utilise que des espèces non menacées qui lui viennent d’un peu partout dans le monde : Afrique, Chine, Nouvelle-Guinée et Brésil.

Le règne des insectes étant ainsi conquis, on n’attends pas moins de Libby qu’il commence à s’attaquer aux vertébrés. A l’heure où l’on tente de reconstituer des organes à base de cellules souches, Mike persiste et signe en faisant revivre la "folie" bio-mécanique de la révolution industrielle il y a 150 ans.

Source : http://www.dailymail.co.uk/news/article-2017599/Artist-Mike-Libbys-clockwork-creepy-crawlies-youll-come-love-time.html

samedi 25 février 2012

J'ai domestiqué pour vous...


LES FREAKS DE CHARLES EISENMANN

Si au cours de l'époque victorienne, il en est bien un qui a mis sur pellicule tout ce que comptait le monde comme bizarreries et autres raretés morphologiques, c'est bien ce cher Charles Eisenmann.

Installé à New-York à la fin des années 1800, Charles devait se lasser de prendre en photographie les personnes dites normales. Son oeuvre témoigne de l'engouement de son époque pour les "Circus" où les personnes atteintes de déformations physiques (voire malformations), au sens commun du bon bourgeois d'alors, gagnaient leurs vies en étant exhibées aux yeux ébahis d'une foule puritaine et dénuée de toute intelligence scientifique face à l'exubérance génétique de l'Homme.

Au 19e siècle, une déformation physique n'était pas tant un handicap du moment qu'il pouvait être colporté comme un talent. A contre courant de notre société moderne où nous nous efforçons de corriger toutes traces de déformations pour tendre vers un idéal de perfection physique à coup de toxine botulique ou de démembrement chirurgical. A la fin du 19ème siècle, si la situation le permettait, et qu'elle n'était pas mortelle, la déformation physique a été utilisée comme un atout. Ainsi bon nombre de ces artistes interprètes de monstruosité ont reçu de bons salaires pour leur attributs et bien souvent se sont mariés et ont mené une vie heureuse.

Parmi les portraits les plus célèbres d'Eisenmann, la jeune Eli Bowen, dont les pieds se fixèrent directement à son bassin en ne s'encombrant pas d'un fémur, d'une rotule et d'un tibia, tient une place tout particulière. Ou encore "Nain Fat Lady", Sophia Schultz, qui était une habituée de l'atelier de Eisenmann. Au cours des années 1880, elle s'est même permis la coquetterie de se laisser aller à une pilosité "visagal" prononcée afin d'accentuer son effet freaks.

Que dire également de la belle JoJo, "The Boy Dog russe Face" dont le portrait a été utilisé pour un épisode de la mythique série X-files (Humbug) où il est question des mystères des "anomalies" physiques. D'ailleurs, l'hypertrichose n'a-t-elle pas servie d'inspiration à l'un des contes modernes les plus fabuleux, la Belle et la Bête ?

Vêtu d'uniformes et de robes à col montant de l'ère victorienne, chaque portrait est soigneusement réalisé pour améliorer les merveilles visuelles physiques de l'époque. Eisenmann a réalisé une oeuvre incroyablement technique et soigneusement mise en scène avec des toiles de fond équivoques, de nombreux accessoires, des costumes bien choisis, un éclairage savamment dosé et en trouvant les angles de prises de vues qui ajoutent à l'atmosphère dramatique.

Près de 300 tirages d'époque de Charles Eisenmann ainsi qu'un album de 700 portraits anormales recueillies par EH Jenkins sont dans la collection de la Galerie Naruyama que vous trouverez tout simplement en vous rendant àTokyo. L'occasion de se faire - enfin - ce voyage au Japon que vous repoussez depuis si longtemps !



samedi 4 février 2012

J'ai testé pour vous...





















LA COUETTE ANATOMIQUE

Quoi de mieux qu'en ces temps de grands froids que de se "lover" dans une couette renfermant de chaleureuses plumes d'oies, qui furent sans doute bien grasses (sic).

Et en ces temps où la température extérieure pourrait vous conduire à vous laisser aller à une activité cérébrale proche de celle d'un doryphore doré, le célèbre duo de designers-photographes helvétiques Taiyo Onorato et Nico Krebs a eu la rutilante idée de combiner "dodo" et connaissance de sa beauté intérieure.

Alors pour de longues soirées sous la couette, je vous recommande le drap housse anatomique afin de définitivement réussir à savoir placer les reins vis-à-vis de votre rate ainsi qu'à différencier le réseau veineux du système artériel !

Que les nuits vous soient curieuses...