dimanche 22 janvier 2012

J'ai teste pour vous...















THE HENDRICK'S CURIOSITORIUM

L'époque victorienne n'a jamais été aussi présente. Retour à l'élégance, aux hauts de forme et aux vrais gentlemen ? Cela passe inévitablement par le remarquable site de HENDRICKS, distributeur de l'un de plus réputés GIN au monde.

Si évidemment, ce spiritueux à base de baies de genièvre est à consommer avec modération matin, midi et soir, ce curiositorium est une petite perle. Si vous êtes fan, n'hésitez pas à poursuivre l'expérience en vous délectant du blog the Unusualtimes.net


Pour tous les curieux je recommande de posséder un flacon de cette coquetterie liquide, notamment lors d'une partie de croquet ou lors des "The Chap Olympics".

CHEERS

jeudi 12 janvier 2012

J'ai visité pour vous...


WUNDERKAMMER

Quelle ambiance et quelle atmosphère !!!! Joli coup pour les organisateurs d'avoir réunis des œuvres singulières de Jean-Luc Moerman, Bénédicte van Caloen, Jan Fabre, Pascal Bernier, Wim Delvoye, ou encore Jacques Dujardin et Alessandro Filippini.

La mise en scène donne l’impression d’un théatrum mundi cher à Kircher et l’ambiance baroque n’aurait pas effrayé un Medicis ou encore moins un Calzolari (le grand apothicaire italien de Vérone). Le couloir d’entrée avec les œuvres de Roberto Kusterle apporte dès les premiers instants cette sensation d’invitation secrète et privée qui était le privilège des cabinets d’antan.


Si les collections de naturalia et artificilia sont assez brillamment mélangées, l’impression n’est pas trop surchargée non plus et invite à de longues pauses auprès du tricératops de Moerman ou des éclats de corne de licorne d’Alessandro (ce sont en réalité les ongles de l’artiste collecté depuis des années, bon appétit !). Les muses de Delvoye façon vitraux de cathédrale achève cette impression de recueillement festif et ostentatoire.


Merveilleuse merveille, cette Wunderkammer est une réussite alors direction le Botanique à Bruxelles pour voir cette chambre en toute discrétion avant qu’elle ne s’évapore le 28 janvier de l’an 2012.

vendredi 6 janvier 2012

J'ai fêté pour vous...

UN NOUVEL AN A (MILLE) BÂLE

A bords du « Grand Curiosity Express », votre hôte fut invité, en compagnie de plusieurs acolytes de la confrérie des fourbes charpentiers irréguliers, à festoyer pour la nouvelle année à Bâle, cette bienheureuse ville helvétique tripartite au centre de l’axe Paris-Rome-Berlin. Et pour ressentir au plus près l’essence addictive de cette ville germanophone, il m’a été demandé de visiter les hauts lieux de la culture savante et artistique de la ville.

En premier lieu, ma visite au muséum d’histoire naturelle de la ville fut une réelle surprise devant tant de candeur et de beauté. A l’image de cette Europe germanique, le muséum est savamment rangé et ordonné. La reproduction d’une vraie fourmilière avec de grands tubes en plexiglass et la salle-coffre fort des espèces menacées et disparues en sont les plus beaux joyaux. Coup de cœur, coup de tête à la salle des sciences de la terre ainsi qu’à la splendide montée d’escalier où l’on distingue en vitrine coraux et autres merveilles de la mer.

Le musée historique de la ville appelé par les locaux Historisches museum (ancienne église ou Barfüsserkirche) abrite quant à lui les pièces de choix de l’ancien cabinet de curiosité de Remigus Fesch légué à la ville au 19ème siècle. La mise en scène intimiste est un régal (voir dans le diaporama ci-après) et l’atmosphère de cette pièce à part entière dans les sous-sols de la bâtisse appelle à la méditation philosophique. Une vraie réussite.

Le musée de la pharmacie est quant à lui tout simplement fabuleux. C’est un trésor caché dans une cour intérieure caractéristique de l’architecture baroque suisse. Distillé par des pièces évoquant les siècles derniers, ce musée façon cabinet de curiosité est un régal pour ceux qui ont un gros appétit de connaissance. Les propriétaires se sont même payés le luxe d’installer des animaux à l’envers au niveau du plafond de l’escalier qui mène à la première salle au 1er étage. Ca annonce tout de suite la couleur pour le visiteur qui va en prendre plein les mirettes. Pelle-mêle, on peut contempler l’ouvrage de ce cher Amboise Paré sur les monstres, une représentation du cabinet de pharmacie du Duc de Piquigny avec son extravagant four alchimique et que dire des bézoard présents en nombre ! Les pièces des étages supérieurs ne sont pas en reste. Si l’une est le bijou de ce musée avec la conservation d’une authentique très ancienne apothicairerie, dans la salle surplombée d’une verrière il faut être très attentif et on découvre dans une vitrine un exemplaire d’époque de l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

De l’autre coté du Rhin, le Kunstmuséum fait œuvre de chef de file des musées de la ville par ses collections de tableaux de haute volée. Il se décrit comme un incontournable pour la bonne société voyageuse. Attention, au syndrome de Stendhal pour les plus sensibles !

Enfin, que rêver de mieux que de finir cette tournée fantastique par le « freaks show » Körperwelten du fantasque Gunther Von Hagens qui se donnait en représentation en ville. Avec l’un de mes vieux comparses nous n’avons pu résister à nous rendre dans la petite maison des horreurs (enfin un retour me concernant), du moins pour les cœurs fragiles et les effrayés de la science. Mais au final des œuvres toujours étonnantes et loin d’être scandaleuses.

Quant aux souvenirs des multiples rencontres de personnes de qualité et au temps passé dans les lieux de débauches, ils demeureront secrets pour des raisons évidentes de confrérie. Attention aux voyageurs zélés, Bâle se mérite et vous devrez vous munir de la totalité de vos deniers économisés si vous souhaitez fréquenter les hauts lieux dinatoires et artistiques de la ville.

Chers amis, je finirai par vous souhaiter la plus excellente, la plus curieuse, la plus enivrante et la plus formidable année qui soit, mayas ou pas !




jeudi 29 décembre 2011

Montre moi ton cabinet, je te dirai qui tu es...



ALBERTUS SEBA

Passé à la postérité « taschéenne » avec l’un des ouvrages les plus célèbres de l’éditeur Allemand, Albertus SEBA était un apothicaire-pharmacien collectionneur passionné et l’un des curieux hollandais des plus singuliers. Lorsqu’il décide de réaliser un catalogue en plusieurs volumes de son cabinet très orienté vers les naturalias puisqu’il achetait (ou on lui remettait) des espèces animales des « colonies », il demanda à plusieurs illustrateurs de mettre en merveille ses spécimens.

Si l’effet fut plutôt réussi, depuis plus de 300 ans, ses illustrations ont su bien vieillir. Les quatre tomes de style baroque du Thesaurus restent l’une des œuvres majeures de l’époque et une vraie mise en lumière artistique de planches d’histoire naturelle. Bien évidemment, les ouvrages authentiques de la Koninklijke bibliotheeck de la Hague vaudraient le coup d’œil.

On peut toutefois regretter de n’avoir aucune illustration de son cabinet à proprement dit avec son esthétisme, sa scénographie et son sens de lecture. En parcourant l’ouvrage de Taschen, on contemple avec délectation la lumière qui ressort des planches (re)coloriés des coquillages. On savoure les détails et la recherche des gravures sur les coquilles des nautiles. Et que dire des mises en scène « arcimboldiennes » des planches avec les compositions de coquillage. Les nombreuses planches consacrées aux reptiles se jouent quant à elles des formes et des types de peau pour donner une explosion de couleur.

La représentation d’animaux mythologiques comme l’hydre ou encore la présence de fœtus montrent l’appétit pour Seba pour les chimères et autres bizarreries de la nature. Si les formes et les tailles ne sont pas représentatives, on ne peut s’empêcher de remarquer les faces humanoïdes des singes, paresseux et autres félins. Avec pour respecter l’époque des aspects dociles pour les animaux les plus proches de l’homme et dangereux ou perfides pour les animaux de la nuit ou pouvant représenter un danger pour l’homme. Il apparait toutefois utopique de résumer les planches ou de vouloir en donner un condensé. A chaque consultation on découvre de nouveaux détails. Selon son inspiration du moment, on découvre de nouveaux messages dans les illustrations.

Face à toutes ses merveilles de la nature, l’esprit se prend aisément à rêver à l’extraordinaire cabinet que SEBA avait pu assembler. Sur le diaporama ci-dessous, nous avons pris la liberté de vous montrer quelques illustrations disponibles sur le web provenant du livre de Taschen. Mais rien ne vaut d’avoir un exemplaire de ce livre indispensable à tout bon cabinet d’étude !





jeudi 22 décembre 2011

J'ai découvert pour vous...


ALOYS ZÖTL

André BRETON disait de lui : « Faute de tout autre détail biographique en ce qui le concerne, on ne peut que rêver très librement à ce qui put conditionner l’entreprise de cet ouvrier teinturier de Haute-Autriche qui, de 1832 à 1887, mit un tel zèle à dresser le plus somptueux bestiaire qu’on eut jamais vu. »

Restées inconnues pendant de longues décennies, les très étonnantes aquarelles d’Aloys Zötl ont séduit nombre de collectionneurs, de personnalités et de marchands depuis leur dispersion à l’Hôtel Drouot en 1955 et 1956 sous le marteau de Maurice Rheims.

Né à Freistadt -un bourg des contreforts des monts de Bohème- le 13 avril 1803, teinturier comme son père, il s’installe à Eferding, dans la vallée du Danube, à une quarantaine de kilomètres de son bourg natal. Mais un beau jour d'octobre 1831, cet homme du commun reproduit une hyène d’après un des livres d’histoire naturelle, d’ethnographie ou de voyage, qui composent sa bibliothèque. Depuis ce jour il ne se lasse pas d'admirer et de peindre les animaux et leurs plumes, leurs fourrures, leurs livrées bigarrées. Son oeuvre ne connaîtra alors plus aucun changement, on peut permuter librement les dates sans jamais altérer son œuvre. Les dates notées dans les marges étant moins les éléments d'une chronologie que des prélèvements faits sur le calendrier, qu'il exécute avec le même scrupule qu'il a à porter ses dépenses et recettes sur les livres.

Zötl semble ne suivre aucune logique et alterne les différents genres du règne animal, et ce jusqu’au 3 octobre 1887, soit dix-huit jours avant son décès. S’inspirant de planches naturalistes, le peintre dédie à des animaux, mais aussi à des types ethnologiques, des représentations à la fois précises, presque documentaires, et en même temps complètement imaginaires. Non seulement les animaux et les plantes sont traités avec un mélange de science et de fantaisie, dans un style qu’on a rapproché parfois du douanier Rousseau ou de Redouté, mais il y associe des paysages imaginaires et des éléments symboliques au gré de ses rêveries, voire de significations plus mystérieuses encore.

Les ambiances sont aussi soignées et minutieusement dessinées et colorées, révélant une sorte de névrose du détail et de l’application. Mais ces qualités obsédantes atteignent à une déréalisation des motifs par leur excès même et, surtout, l’artiste, consciemment ou non, y ajoute une vie, à la fois décorative et symbolique, troublante. L’imagination débridée de Zötl utilise les motifs décoratifs et végétaux, le milieu naturel et la couleur avec une luxuriance débridée, mais il ne s’interdit pas non plus le sens de la synthèse ou de la poésie. Dans toutes ces images, l’artiste utilise une technique éblouissante pour interroger une certaine vision du monde animal, ou du monde tout court, à travers une poésie souvent onirique. 


Le diaporama vous donnera un aperçu de la qualité remarquable de l'oeuvre de Zötl. Et en cette période de Noel, je vous invite à offrir (aux petits comme aux grands) quelque chose de rare et de beau. Deux ouvrages pour mieux comprendre les inspirations du Maître et afin de décortiquer les détails des planches. "Contrées d'Aloys Zötl" de Victor Francès aux Editions Langlaude. Et pour les puristes et les plus passionnés, je vous recommande le magnifique "Bestiaire d'Aloys Zötl" de Julio Cortazar aux Editions Franco Maria Ricci (publié en 1976). Votre hôte vous met toutefois en garde ! Le trouver n'est pas chose aisée et un budget important avoir vous devez !




source : http://www.latribunedelart.com/contrees-de-aloys-zotl-article003327.html

jeudi 15 décembre 2011

j'ai cité pour vous...













LE CABINET DE M. NATHAN GARRIDEB*

" La pièce était aussi peu banale que son occupant. Elle ressemblait à un petit musée. A la fois large et profonde, elle était bourrée d'armoires et de meubles à tiroirs débordant de spécimens géologiques et anatomiques. De chaque côté de l'entrée, il y avait des vitrines contenant des papillons et des insectes. Au centre, une grande table était jonchée de toutes sortes de débris, que couronnait le grand tube cuivré d'un puissant microscope. Je fus fort étonné, en regardant autour de moi, du nombre de choses auxquelles s'intéressait M. Nathan Garrideb. Ici, une vitrine protégeant des vieilles monnaies. Là, un tiroir plein d'instruments en silex. Derrière la table du milieu, une grande armoire remplie d'os fossilisés. Au-dessus, des crânes en plâtre qui portaient les noms de « Neanderthal », « Heidelberg ». «Cro-Magnon»... C'était assurément un étudiant ès divers. Pendant qu'il se tenait devant nous, il avait à la main une peau de chamois, avec laquelle il faisait briller une pièce de monnaie.


Syracuse, et de la meilleure époque ! Nous expliqua t-il en la levant à la lumière. Elles ont perdu beaucoup de leur valeur vers la fin. Celles de la meilleure époque dépassent tout, à mon avis ; certains préfèrent les monnaies d'Alexandrie, mais... Vous trouverez un siège ici, monsieur Holmes. Permettez-moi de vous débarrasser de ces os... Et vous, monsieur... Ah ! Oui, docteur Watson !... si vous vouliez avoir l'obligeance de pousser légèrement ce vase japonais... Vous voyez réunis les petits sujets qui m'intéressent. Mon médecin me gronde parce que je ne sors jamais, mais pourquoi sortirais-je quand tant de choses me retiennent ici ? Je puis vous affirmer que s'il me fallait inventorier l'un de ces meubles, j'en aurais largement pour trois mois.

Holmes inspecta les lieux d'un regard amusé. "

* Les Trois Garrideb par Sir Arthur Conan DOYLE - Les Archives de Sherlock Holmes 1924. Disponible sur www.ebooksgratuits.com. Mais il est TOUJOURS préférable d'acquérir une édition papier et la plus ancienne possible !!

crédit photo : http://www.sherlock-holmes.info/spip.php?article27 - représentation miniature du musée de Nathan Garrideb.

mardi 13 décembre 2011

J'ai lu pour vous...


Les livres sélectionnés par le Père NOEL

Chaque année, je reçois de façon très modeste un mot de ce vieux Santa-Claus afin de me demander quels ouvrages de référence doit-il disséminer à travers le monde ! Et de façon humble je me permets de lui adresser une liste de livres que j’ai appréciés au cours de l’année.


En exclusivité et dans un moment de partage intime, je vais vous livrer cette liste simple et néanmoins extraordinaire ! Pour les grandes personnes ayant un goût prononcé pour la curiosité et le non conformisme depuis leur tendre enfance voici trois ouvrages de premier ordre :










De l’égarement à travers les livres (Editions Le Castor Astral) de mon cher ami Eric Poindron.











La confirmation du talent latent d’un éminent confrère (et néanmoins vieux frère d’arme) Aymeric Laloux avec son exubérant roman si bien nommé "le pire endroit du monde" (Editions EX AEQUO).











Et enfin le superbe livre sur Athanasius KIRCHER, le théâtre du monde de J. GODWIN (Editions Actes Sud)












Dans la catégorie lutins, je vous recommande deux ouvrages indispensables à toute veillée au coin du feu : les Monstres Marins de Camille RENVERSADE (Editions Plume de Carotte) ou l'un des plus palpitants récits de voyages par la ligue des chasseurs de l'étrange










et pour les explorateurs en herbe, l’Herbier des plantes sauvages des villes par l'auteur protéiforme Emilie Vast (Editions MeMo) afin de les faire patienter jusqu'au printemps.

Si avec ça vous n’arrivez pas à vous évader, à vous cultiver, à vous émerveiller, à vous surprendre et à vous étonner, c’est que vous ne croyez plus en la magie de Noel

Sur ce point, Pierre DORIS mettait en garde les enfants (de tous les âges) contre toute tentative de désenchantement : "On dit que la jeunesse ne croit plus en rien. Quelle tristesse... Et si un jour le Père Noël ne croyait plus aux enfants !"

PS : crédit photo : Pierre Dubois, Elficologue from peuple-feerique.com