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lundi 21 mai 2007

J'ai domestiqué pour vous...


La nounou de Bonne-Espérance

Comme tous les parents vous le diront, avoir un enfant est le plus beau cadeau de la vie. Toutefois, il ne doit pas empêcher les parents de continuer à s’épanouir. Adopter un animal de compagnie est à peu près de chose similaire. Votre adorable animal ne doit pas vous faire oublier les autres personnes, ni vous gêner dans vos obligations professionnelles et encore moins vous priver des délicieux moments de la vie comme les soirées triviales entre amis.

Malgré tout, il est très difficile de délaisser son fidèle compagnon pour une vie de patache. Sur les conseils avisés de mes amis, je me suis dit qu'il était temps pour moi de jouir à nouveau des petits bonheurs de la vie de professeur. Et c'est ainsi qu'après deux mois d'une éducation sans faille, j'ai coupé petit à petit le cordon et je me suis mis à la recherche d’une nounou. Estimant que Bonne-Espérance avait été privé de la chaleur d'une mère (et cela malgré tous mes efforts), j’ai engagé Mary, jeune anglaise de 43 ans, venue à Paris pour faire ses études en parapluitologie.

Il serait trop long pour moi de vous livrer ici tous les évènements qui ont suivi, mais je crois que Bonne-Espérance a énormément appris pendant les 3 semaines que « Mary » a passé avec nous.

Sans appeler un accident, l'évènement qui a causé son départ, elle a fait découvrir énormément de choses à Bonne-Espérance : l’indépendance, les confidences que l'on fait seulement à une femme, le Uno, les ballades nocturnes sur les toits de Paris et malheureusement sa sexualité.

Pourtant à voir la photo, rien ne laissait supposer que cette femme quelconque puisse faire perdre la tête à Bonne-Espérance. Collé à elle 24h sur 24h, il était devenu complètement addict. Toujours excité, ne voulant plus s’alimenter sinon à la poitrine de Mary, s’enfermant pendant des heures à écouter de la musique québécoise, nos rapports finissaient par en pâtir.

Jaloux de cette relation, un soir où j’avais arrosé la nouvelle découverte de mon confrère le professeur Bletner, je me suis mis à me confier à ma nounou. Et une chose en amenant une autre, je finis par me laisser envoûter par les charmes dissimulés de Mary. Sans penser aux conséquences et au fait que je n’avais pas fermé la porte de l'aquarium de Bonne-Espérance, il nous surpris en plein ébat.

Toutes mes excuses n’y ont rien fait. Bonne-Espérance était inconsolable. Il tenta même de fuguer jusque dans la salle de bains et il ne m’adressa plus la parole pendant de longues semaines. Aujourd’hui, nous arrivons enfin à rire de cette rocambolesque aventure !

Si vous vous demandez ce qu’est devenue Mary, elle est restée en France et je crois qu’elle a épousé un riche restaurateur spécialisé dans les recettes de Homard ! Vengeance ou nostalgie, je n’ai jamais eu l’occasion de la re-pincer !

Ciao Bella

jeudi 26 avril 2007

J'ai domestiqué pour vous...


Bonne-Espérance

Il était temps pour moi de vous apporter quelques réponses sur la question qui vous hante tous : mais qui est donc cet adorable animal des mers que le professeur Boilot a eu la folie de domestiquer ?

J’entends d’ici certains qui doivent se dire, mais le homard ça se mange avec une jardinière de légume ou un riz basquaise, ça se domestique pas, hein Roger ? Alors laissez_moi vous apporter quelques précisions sur les origines de mon ami le plus fidèle.

Au cours de mes multiples pérégrinations de part le monde, j’ai pu contempler des faunes et des flores merveilleuses, vierges de toutes pénétrations humaines et d’une beauté à couper la chique d’Hemingway…

Farouche opposant de la domestication animale de l’homme par le chien - que j'ai combattu à travers de longues litanies - j’ai été contraint d’aller contre mon dogme et je me suis surpris à domestiquer un animal. Mais pas n’importe quel animal. En effet, je me suis laissé attendrir par le plus incroyable des animaux et le plus fidèle des compagnons…Un homard (!) que j’ai affectueusement baptisé Bonne-Espérance!!!

Histoire

Errant tel un poète ayant perdu son cercle près de la côté tropicale mexicaine du Morbihan du sud, je fus attiré par des cris de détresse provenant des rochers. N’écoutant que mon courage je m’approcha avec prudence. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis le drame qui se jouait devant moi. Lâchement abandonné par ses parents, je me suis retrouvé nez à nez avec un bébé homard dont j’appris plus tard que le reste de sa famille avait été exterminé lors du déjeuner de la veille!

Sensible à sa détresse, voilà que je mis de côté (ou pas loin juste sur le rocher d’en face) ma pipe ghanéenne pour venir à la rescousse de ce petit animal innocent et tellement attendrissant. Après lui avoir donné un bain bien chaud, je lui offris des restes de phytoplancton végétal qui me restait de mon dernier dîner avec mon vieil ami, le professeur Bletner. Il était tellement heureux qu’il est devenu tout rouge, sûrement dû à la chaleur humaine que je lui prodiguait.

C’est ainsi que débuta l’une de mes plus belles histoires d’amitiés… Au cours de mes interventions je ne manquerais pas de vous conter quelques anecdotes de nos nombreux voyages qui ont rythmé notre quotidien.

A présent, si j’avais à vous conseiller un animal à domestiquer, je vous dirais que rien ne vaut l’amitié que peut vous prodiguer un homard. Et s’il est vrai que le homard est d’un tempérament assez froid, une fois que vous avez percé sa carapace cet animal en pince vraiment pour vous….

Pour ceux qui s’interrogent sur son nom, figurez-vous que j’étais en train d’écrire un mémoire sur les noms des caps aux noms composés de l’hémisphère sud. Après avoir écrit mes 3 premières pages, devinez quel nom m’est apparu….

Une dernière chose avant de vous laissez mes cher(e)s ami(e)s, si un jour vous avez la chance de rencontrer un homard, peut être il s’agira d’une des 256 000 sœurs ou frères de Bonne-Espérance. Dans ce cas, n’hésitez pas à envoyer une petite missive afin que je puisse apprendre à mon homard que quelque part vit des membres de sa famille qui pensent encore à lui. Je vous assure qu’il sera très heureux d’apprendre qu’il n’est plus seul au monde.

Bon appétit !